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Sos médecins

En première ligne: jeune médecin à l'épreuve du Covid

28 min
À retrouver dans l'émission

À 30 ans, fraîchement diplômée, Marie-Camille a fait ses premiers pas chez SOS Médecins juste au moment de la première vague du COVID 19. Elle raconte son baptême du feu, les gardes à rallonge, la débrouille et la détresse des patients.

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Sos médecins Crédits : Loïc Venance - AFP

Marie-Camille a 30 ans. Elle est une jeune médecin généraliste et a terminé ses études en novembre 2019. Sa vocation première l'orientait vers la profession de vétérinaire. Ses études et ses rencontres la mènent, fin décembre 2019, à travailler pour SOS Médecins.

Ses gardes s'étendent sur six heures. Dans un sac, pesant 9 à 10 kg, elle a l'essentiel de ce que doit avoir un médecin généraliste dans son cabinet. Ses interventions concernent aussi bien des nourrissons, que des centenaires, des petites inquiétudes bénignes, que des situations de mort imminente

Marie-Camille se confine seule pour protéger ses proches. Elle ne prend qu'un jour de repos tous les 7 à 10 jours durant la première vague. La fatigue se fait sentir de plus en plus, aussi bien sur le plan physique, que psychologique. Il a aussi fallu faire face aux inquiétudes et à la détresse psychologique d'une partie de la population. Certains médecins, plus fragiles, se sont placés en téléconsultation.

Ce sont nous, les plus jeunes, qui sommes partis au front, on a été assez démunis. 

On n'est pas médecins militaires. On nous a appris qu'il y aurait des soins pour tout le monde, pas à devoir faire des choix. On s'est retrouvés seuls avec nos voitures.

En février 2020, elle est atteinte par le coronavirus. Elle ne s'arrête que le temps de sa quarantaine, avant de faire une embolie pulmonaire mi-mars. Elle et ses collègues se retrouvent dans une situation de saturation des services qu'elle impute à une politique ne datant pas d'hier et ayant réduit les places dans les hôpitaux, les budgets et le personnel soignant. 

On s'est sentis impuissants et pas toujours fiers de ce qu'on faisait, parce qu'on n'avait pas les moyens de le faire. Mais on ne peut pas rétablir ce qui est une volonté politique depuis trente ans. On n'est pas responsables, mais c'est nous qui rentrons le soir avec ça sur la conscience.

Marie-Camille évoque par ailleurs son métier. Ce qui l'a déçue et ce qu'elle aime malgré tout : la part de psychologie, d'adaptation au patient et à sa bulle lors de la consultation. Elle remarque en revanche une augmentation de la tension des malades à qui elle vient prodiguer soins et diagnostics.

On est déjà débordés tous les hivers. Là, avec le covid, on a beau dire, on n'est pas prêts. On ne forme pas du personnel médical en deux mois d'été. Beaucoup de collègues ont craqué, ou sont tombés malades. On a moins de soignants et pas plus de place donc je ne suis pas optimiste. 

Reportage : Baptiste Crochet 

Réalisation : Cécile Laffon

Chanson de fin: "Song to the siren" de This mortal coil, Album: It'll end in tears

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