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Simone de Beauvoir en 1946
Épisode 2 :

Phénoménologie du jus d'abricot

58 min
À retrouver dans l'émission

Dans ses Mémoires, Beauvoir a mythifié le café de Flore, où avec Sartre et ses proches, elle passa une grande partie de la guerre. Comment ce lieu confiné a-t-il vu naître la phénoménologie autour d’un jus d’abricot ? Comment cette émulation intellectuelle a-t-elle fabriqué les Temps Modernes ?

Confinés au café !
Confinés au café ! Crédits : David E. Scherman/The LIFE Picture Collection - Getty

"Nous commandâmes des cocktails à l’abricot. Aron désigna son verre : « Tu vois, mon petit camarade, si tu es phénoménologue, tu peux parler de ce cocktail, et c’est de la philosophie ! »"
Simone de Beauvoir, extrait de La force de l’âge

Avant la Seconde Guerre mondiale, le café parisien est un lieu d'émancipation pour les femmes qui cherchent à rompre avec leur environnement familial. Plusieurs classes sociales s'y côtoient et créent le théâtre de la vie à leur image. Pendant l'occupation, il devient un lieu de travail où l'on vient se réchauffer autour du poêle. C'est ainsi que Beauvoir, Sartre, Aron, Merleau-Ponty et Camus s'y sont retrouvés pendant des années et ont fabriqué, ensemble et chacun de leur côté, la philosophie française de cette époque, entre existentialisme et phénoménologie. 

L'invité du jour : 

Jean-Louis Jeannelle, professeur à Sorbonne Université

Le café de Flore, un moment de bascule dans la vie de Beauvoir

Le café de Flore incarne un moment de basculement : la vie de Beauvoir et Sartre passe d’une sphère privée et protégée à une sphère publique où ils vont faire l’actualité intellectuelle et culturelle... Sartre et Beauvoir étaient dans les années 30 des professeurs un peu isolés qui intègrent alors un réseau de sociabilité bohème, intellectuel, qui connaîtra un grand succès dès 1945 avec l’existentialisme. Ils vont devenir l’exemple emblématique de l’intellectuel français. Sartre et Beauvoir, à l’époque, vivent dans des hôtels, et le café correspond à leur mode de vie, à une forme de sociabilité.
Jean-Louis Jeannelle

Texte lu par Hélène Lausseur :

  • Extrait de La force de l’âge, de Beauvoir, 1960, partie I, chapitre 3, éditions Gallimard (avec une musique de Claude Bolling, Nobody knows the way I feel this morning)

Sons diffusés :

  • Archive de Pascal Jean, Garçon de café, RTF, 30 Octobre 1954
  • Musique de Stéphane Grappelli, All the things you are
  • Archive de Simone de Beauvoir, extraite de l'émission Dossier, Radio-Canada, 28 mars 1967
  • Archive de Maurice Merleau-Ponty, dans Entretiens avec Maurice Merleau-Ponty, RTF, 29 mai 1959
  • Archive extraite des actualités françaises 20 Septembre 1951
  • Archive de Simone de Beauvoir, dans l'émission Premier plan, Radio-Canada, novembre 1959, entrevue avec Wilfrid Lemoine
  • Extrait du film Simone de Beauvoir, de Josée Dayan, 1978
  • Chanson de fin : Jacques Hélian, À Saint-Germain-des-Prés

Chroniques

10H52
4 min

La Chronique d'Aurélien Bellanger

L’histoire de l’art relève-t-elle en dernier lieu de l'appropriation culturelle ?
Intervenants
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