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A peine plus de 507 km de mur sépareraient les États-Unis et le Mexique, sur les 3 100 km de frontière commune. Des constructions pour la plupart antérieures au mandat de Donald Trump.

États-Unis : sur les rives du Rio Grande, l'espoir ténu d'un changement

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La politique migratoire des États-Unis à l'égard des Latino-Américains n'a pas souvent été souple. Depuis l'administration Obama, elle est particulièrement ferme. Avec Donald Trump, ce qui a changé, c'est le discours. Et avec Biden, la frontière mexicaine pourrait-elle s'ouvrir de nouveau ?

A peine plus de 507 km de mur sépareraient les États-Unis et le Mexique, sur les 3 100 km de frontière commune. Des constructions pour la plupart antérieures au mandat de Donald Trump.
A peine plus de 507 km de mur sépareraient les États-Unis et le Mexique, sur les 3 100 km de frontière commune. Des constructions pour la plupart antérieures au mandat de Donald Trump. Crédits : Valentin Dunate - Radio France

Tout un symbole. Pour barrer l'entrée à ceux qu'il avait traités de "violeurs" et de "criminels", Donald Trump a voulu marquer la limite entre le Mexique et les États-Unis. À Brownsville, au sud du Texas, on peut découvrir LE mur, qu'il a entrepris d'ériger, ou, plutôt, une barrière en acier. Haute de six mètres, elle surplombe et laisse entrevoir la frontière naturelle entre les deux pays : le Rio Grande.

L’élection du démocrate Joe Biden va-t-elle marquer la fin de ce projet pharaonique ? "Il a dit qu’il n’allait pas construire davantage", rappelle Marco Chavez, face à ce mur, érigé il y a douze ans et auquel Donald Trump n’a fait "que rajouter 400 km". Mais le médecin et bénévole pour une association d’aide aux migrants précise que le président élu "a déjà dit qu’il n’allait pas le détruire."

Les migrants (du Mexique et d’Amérique centrale) ont pourtant célébré la défaite de Trump. Ils veulent croire aux promesses de Biden, qui a dit vouloir multiplier par huit le nombre de réfugiés accueillis chaque année et leur permettre de faire leur demande d’asile aux Etats-Unis.

Familles séparées

Un changement radical après quatre années d'un refus catégorique de Donald Trump, qui a cantonné les migrants de l’autre côté de la frontière, dans des camps comme à Matamoros, juste en face de Brownsville. C’est ici que vit Josué Cornejo depuis un an et deux mois. 

"Bien sûr, nous avons ressenti de la joie [à l'annonce de la victoire de Joe Biden], raconte ce hondurien de 29 ans. Mais une joie mesurée, car pour l’instant, nous sommes toujours dans ce camp.

Nous, les migrants, nous méritons d’avoir une opportunité, nous avons fui notre pays. Alors maintenant je demande au monde entier… S'il vous plaît, ne reproduisez pas ce qu’il s’est passé ici.

Ici, des familles ont été séparées, des enfants emprisonnés.

Pour Marco, le médecin américain, il y a un espoir : "L’espoir que ça va se terminer, que ça va changer, que le camp va disparaître. Personne ne devrait dormir sous une tente pendant deux ans." 

Opportunisme marchand

En attendant que cette situation évolue, les seuls étrangers qui ont le droit de franchir le Rio Grande, en ce moment et malgré le coronavirus, ce sont des Mexicains qui viennent donner leur plasma. Un don qui leur rapporte 45 dollars. 

"Les Américains vérifient à l’heure à laquelle tu passes la frontière, explique Alejandro, venu de Matamoros, de l'autre côté du fleuve, car en fait, tu as juste le droit de faire ton don de plasma et après tu dois repartir." Et cela, au maximum deux fois par semaine. _"_Si jamais, par exemple, tu as traversé la veille, précise le jeune homme de 27 ans, tu risques d’avoir des problèmes."

À vrai dire, les étrangers sont plutôt mal vus à Brownsville, une ville à plus de 90 % latino. Si les démocrates se sont imposés dans ce comté, le parti de Joe Biden a perdu des voix par rapport à 2016. Trump, lui, a gagné des électeurs? À l'instar de ce professeur et vétéran de l’armée, qui estime que "les migrants piquent le boulot des américains" parce qu'ils cassent les prix.

À Brownsville, au pied du mur, l'espoir de voir Biden changer la donne est bien mince. 

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