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Célébration du 1er de l'An sur le mur de Berlin, 31 décembre 1989. Photo :  Owen Franken - Corbis

30 ans après la fin de la guerre froide, une paix mal digérée

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Rêve de concorde internationale, de nouveau départ, c'était un peu cela la fin de la guerre froide. Pardi, ce n'était pas rien d'enterrer cette vieille hache de guerre ! Et pourtant, depuis, la déception et la rancoeur ont laissé place à l'exaltation. Comme un grand pschittt qui fait flop...

Célébration du 1er de l'An sur le mur de Berlin, 31 décembre 1989. Photo :  Owen Franken - Corbis
Célébration du 1er de l'An sur le mur de Berlin, 31 décembre 1989. Photo : Owen Franken - Corbis Crédits : Getty

C’était il y a aujourd’hui 30 ans, 34 chefs d’État assistaient à la signature du traité de désarmement Est-Ouest à Paris qui mettait fin à une séquence historique de plus de quarante ans, celle de la Guerre froide. L’évènement est un peu terne et n’annonce pas dans son titre la portée de cette bonne nouvelle, masquée par un évènement d’une portée symbolique inégalable, deux ans plus tôt, avec ses foules en liesse, ses reprises pop et ses morceaux dispersés aux quatre coins du monde : la chute du mur de Berlin.  

Enterrer la guerre froide

Et oui si la disparition de ces kilomètres de béton incarne un changement d’ère historique, ce sont les négociations avec l’Union soviétique qui vont achever la bipolarité mondiale. En 1990, c’est l’avenir de l’Union soviétique qui se joue et la place que l’occident s’apprête à lui accorder s’annonce déterminante dans le règlement d’un conflit que l’on souhaite pieusement clore sans vainqueur ni vaincu avec l’objectif de ne pas repartir du mauvais pied. Il ne s’agira donc pas d’un traité de Versailles mais d’une déclaration commune de ne plus agiter la menace de destruction mutuelle comme seule moyen d’assurer la stabilité de la paix. George Bush, Margaret Thatcher, François Mitterrand, Helmut Kohl, tous les leaders des grandes puissances occidentales sont donc présentes à Paris pour s’assurer que l’ancien ennemi représenté par Mikhaïl Gorbatchev ne soit pas marginalisé, finir de l’amadouer pour s’assurer que le feu est éteint une bonne fois pour toute.  

Amères désillusions

De grandes ambitions pour un nouvel ordre mondial et un échec cuisant qui laisse ces relations rêvées détremper dans un bain d’amertume. L’histoire des années suivantes, c’est une série d’occasions manquées et de vexations historiques. Avec une trahison mémorable qui fait toujours débat : la promesse, bafouée quelques années plus tard par Bill Clinton de ne pas élargir l’OTAN aux anciens pays satellites soviétiques. Une promesse sans archives, faite par le secrétaire d’État américain James Baker aux manettes de ces négociations qui se passent dans une concorde espérée mais inattendue, une parenthèse enchantée vite refermée. La liquidation de la guerre froide se passait sans vainqueur ni vaincu, trop beau pour durer. En 1991, l’Union soviétique s’effondre et la nouvelle Russie traverse une crise économique et morale suivi d’une recomposition nationaliste qui cultive la rancœur alors que les États-Unis peinent à trouver un projet de société différent de l’union contre le bloc de l’Est qui avait temporairement fait taire les divisions du récit patriotique.  

La Pologne, la République tchèque et la Hongrie font leur entrée dans l’alliance atlantique en 1999, une adhésion qui achève l’idéal de concorde internationale qui avait gouverné les lendemains de la chute du rideau de fer. 

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