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Des voitures neuves sorties de l'usine Renault en Russie. Le groupe fait partie des rares à avoir connu une augmentation des ventes (+0,2%) pendant le mois d'octobre.

Voiture électrique : un grand coup d’accélérateur

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Une nouvelle fois durement affecté par le confinement, le secteur de l'automobile a des défis à relever. Il devra retrouver la rentabilité pour éponger les pertes de l'année tout en investissant massivement dans la voiture propre. Un équilibre subtil, mais nécessaire pour la survie du secteur.

Des voitures neuves sorties de l'usine Renault en Russie. Le groupe fait partie des rares à avoir connu une augmentation des ventes (+0,2%) pendant le mois d'octobre.
Des voitures neuves sorties de l'usine Renault en Russie. Le groupe fait partie des rares à avoir connu une augmentation des ventes (+0,2%) pendant le mois d'octobre. Crédits : Dmitry Serebryakov - Getty

Le marché de l'automobile européen s'était effondré de 55,1% en mars puis de 76,3% en avril sous l'effet du premier confinement des populations et de la fermeture des commerces. Si les voyants étaient repassés au vert le temps du creux entre les deux vagues épidémiologiques, les derniers mois de 2020 s'annoncent rudes pour le secteur. Selon un baromètre publié le vendredi 20 novembre par le Conseil des professions de l'automobile (CNPA), les commandes de véhicules neufs ont baissé de 68,5% avec le deuxième confinement, et de 78% pour les occasions. Dans ce marché resserré, la concurrence s’exacerbe entre les constructeurs, qui soumis à un double impératif. 

C’est l’une des pires années de l’industrie automobile en France : on estime la chute à environ 90% - Danielle Attias

Retrouver la rentabilité à court terme, d'une part, pour éponger les pertes de l'année. Si le gouvernement a accordé des primes à l'achat de véhicules propres dans l'espoir de stimuler la demande, les constructeurs automobiles ont aussi recours à des plans sociaux d'envergures pour réduire leurs dépenses. Ainsi, chez Renault, un accord sur la suppression de 2.500 postes dans l'ingénierie et les fonctions tertiaires , via des départs volontaires, a été validé jeudi 19 novembre par la signature de syndicats totalisant plus de 50% de représentativité. Cet accord s'inscrit dans le cadre du plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans annoncé fin mai par la direction du groupe automobile en difficulté.

Il y a une surréaction de l’automobile aux variations de conjonctures qui impose des réactions fortes aux États. Quand le PIB baisse d’un point, les commandes ont tendance à baisser de quatre. – Bernard Jullien

Deuxième impératif, celui d'investir massivement dans le long terme pour ne pas être distancé dans la course à la voiture propre, la voiture de l’avenir. Dans ce domaine, c'est Tesla qui fait course en tête. Le groupe d'Elon Musk a en effet annoncé lundi 16 novembre son entrée prochaine au sein de l'indice S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises de la place new-yorkaise. Face aux géants de l'automobile américains, la France semble hésitante. Le vendredi 13 novembre, les députés adoptaient un texte de loi qui instaure un malus pour les voitures de plus de 1,8 tonne, sauf si elles sont électriques ou hybrides. Un dispositif qui va dans le sens des recommandations formulées par la Convention citoyenne, sans toutefois oublier les intérêts économiques. "Alors que la moyenne du poids des SUV vendus en France est de 1.300kg, l'adoption d'un malus poids à 1.800kg est anecdotique", a en effet déploré le Réseau Action Climat.

La France a beaucoup souffert d’un déficit d’investissement des constructeurs qui ont préféré maximiser la production dans des pays périphériques. - Samuel Klebaner

Les constructeurs français sauront-ils concilier les impératifs de court terme et de long terme ? Les sites de production vont-ils pouvoir suivre ? Pour parler de secteur de l'automobile en cette période de Covid, nous avons fait appel à trois spécialistes : Bernard Jullien, économiste, maître de conférences à l'Université de Bordeaux, Danielle Attias, économiste, professeure à Centrale-Supélec, Université Paris-Saclay et Samuel Klebaner, économiste, maître des conférences à l’Université Sorbonne Paris-Nord.

Intervenants
  • Maître de conférence en économie à l'Université de Bordeaux et directeur du Gerpisa (Groupe d'Etude et de Recherche Permanent sur l'Industrie et les Salariés de l'Automobile)
  • École supérieure d'électricité, professeure à l’École supérieure d'électricité (Supélec).
  • chercheur rattaché à l’Université de Bordeaux, auteur d’une thèse intitulée « Dynamiques réglementaires et planification des firmes », soutenue en décembre 2018.
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