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acques Weber au Théâtre de l'Atelier, à Paris, le 14 septembre 2020
Épisode 5 :

Pour un art hautement populaire

29 min
À retrouver dans l'émission

Tour à tour acteur, metteur en scène et directeur de théâtre, Jacques Weber a eu à cœur tout au long de ses cinquante de carrière de défendre un théâtre populaire de qualité. C’est de cet équilibre difficile et de la manière de le tenir qu’il nous parle dans ce dernier épisode.

Jacques Weber au Théâtre de l'Atelier,  le 14 septembre 2020, à Paris, France
Jacques Weber au Théâtre de l'Atelier, le 14 septembre 2020, à Paris, France Crédits : Joël Saget - AFP

Après avoir commenté l’opposition constante en France entre théâtre privé et théâtre public, Jacques Weber revient sur les différentes fonctions qu’il a occupées en plus du métier de comédien : metteur en scène, directeur de théâtre, puisqu’il fut tour à tour directeur du Centre dramatique national de Lyon de 1979 à 1985 et directeur du théâtre de Nice de 1986 à 2001. Quelles sont les qualités requises pour faire un bon directeur de théâtre ?

Je pense que j'ai eu ma place à Nice, j'avais ma place à Lyon. J'ai eu une place un petit peu originale, un peu particulière d'un homme très ouvert, très chaleureux, je crois. Partant pour des choses un peu atypiques, un peu folles. 

J'ai aussi provoqué des belles choses. Mon équipe m'a poussé à aller voir les gens pour lesquels j'avais tant d'admiration et c'est comme ça que j'ai osé dire à Alain Françon ou Jorge Lavelli que j'avais envie de travailler avec eux.

"Sur scène il faut danser avec le texte"

Jacques Weber a aussi cherché à raviver le genre du théâtre à la télévision en mettant en scène des pièces comme Le Misanthrope, Ruy Blas, ou Figaro. 

J'avais proposé à Canal de relancer le théâtre en direct. Le Misanthrope a été retransmis en direct depuis un studio, avec une distribution hallucinante, Jean-François Balmer, Romane Bohringer, Philippe Khorsand, Patrick Chesnais, Marie Trintignant. (...) On avait saisi la peur organique de l'acteur sur le direct et en même temps l'intimité que proposait l'écran et le gros plan. 

Quel est son rapport à la transmission ?

Je ne peux pas transmettre de théories. Je peux transmettre mon questionnement mais mon questionnement c'est 55 ans d'expérience physique. J'étais sur le cheval, j'étais sur la selle donc je peux apprendre à quelqu'un à monter à cheval.  

Ce que j'ai envie c'est solliciter des gens pour les mettre en scène, parce que je les aime. Au cours d'art dramatique, vous vous retrouvez parfois devant des gens que vous êtes un peu obligés de faire travailler, mais que vous n'aimez pas forcément et que vous n'avez pas choisi par rapport à un travail précis, ce n'est pas mon truc.  

Enfin quand il se regarde dans le rétroviseur, que se dit-il ?

Je suis très fier lorsque je suscite du désir des gens pour lesquels j'ai une grande admiration.

La reconnaissance du public est importante mais au moment où vous jouez, il faut absolument ne pas être dans ce rapport là, il faut être dans un rapport amoureux, danser avec le texte, pas autre chose.

Une série d’entretiens proposée par Caroline Broué, réalisée par Vanessa Nadjar. Prise de son : Nicolas Mathias. Attachée de production : Daphné Abgrall. Coordination : Sandrine Treiner.

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