La culture générale en cpge

Thèmes et méthode : dissertation résumé synthèse

Le plaisir est-il le but de la vie ? 

Peut-on décrire prévoir tous les genres d’actions humaines par un seul mobile: le plaisir? C’est évidemment très tentant d’avoir pour les faits si divers de la conduite humaine une explication générale, et qui paraît simple. Soit une action humaine; pourquoi la fait-on? Réponse:pour notre plaisir. Mais il faut préciser pour En effet, dans tout comportement humain, il y a au moins trois aspects importants à considérer, un peu comme tout fait qui a un passé, un présent, et un futur:

 D’abord, il y a le mobile, c’est-à-dire cette prédisposition intérieure et cette impulsion plus ou moins inconsciente qui déclenchent notre action. Par exemple, quelque chose en moi me pousse vers une personne, que je cherche alors à séduire; ou une certaine crainte me détourne d’un acte. Dans ces mobiles, il n’y a pas de plaisir, mais il peut y avoir la préparation à un plaisir. Ensuite, il y a les actes eux-mêmes, et il se peut que je sente du plaisir pendant leur accomplissement, mais pas toujours: si je mange alors que j’ai faim, le plaisir est indiscutable. Mais lorsque je fais ma gymnastique matinale, pour rester en bonne santé, ou lorsque j’accomplis ces ennuyeux travaux nécessaires à gagner ma vie, le plaisir n’est pas évident. Enfin, il y a la fin de mon comportement, ce pour quoi ou en vue de quoi j’agis. Cette fin ne peut pas être un plaisir, puisqu’elle n’est pas encore, mais elle peut être une promesse de plaisir.

L’hédonisme psychologique ne peut pas affirmer que nous agissons “par” plaisir, c’est-à-dire que notre mobile, ce qui nous pousse, soit le plaisir. Il ne peut pas non plus affirmer que nous agissons “dans” le plaisir, puisqu’il y a manifestement des actes ennuyeux ou pénibles, et néanmoins volontaires. Mais peut-être du moins que nous agissons toujours pour, ou “en vue” du plaisir, qui serait notre fin unique? Cela semble probable dans la mesure où on évite de donner à ce plaisir un sens trop précis. En effet, si  le plaisir est une sorte d’épanouissement intérieur, d’approbation par nous de ce que nous faisons et devenons, alors plaisir  égale le bien, et toute morale est hédoniste.

Mais si on refuse de préciser davantage “plaisir”, on ne peut pas espérer donner à l’hédonisme psychologique une valeur scientifique, il ne peut ni décrire ni prévoir les actions humaines. Or cette incapacité semble réaliste, car les psychologues ont pu noter des hommes dont le plaisir paraît bien étrange.

Il semble donc que le plaisir échappe à toute systématisation de ses manifestations non cérébrales, de sorte qu’on ne peut pas l’utiliser pour décrire ni prévoir le comportement humain. L’hédonisme  psychologique se réduit alors à une définition relative des mots “fin” et “plaisir”: la fin des actions humaines est égale au  plaisir qu’on en attend. Mais dans ce cas, on ne peut pas vérifier cette théorie avec des faits. Par exemple, si on objecte le cas des avares à l’hédoniste psychologique, il répond que l’avare trouve en fait du plaisir à accumuler l’argent, mais qu’il n’aime pas les plaisirs habituels que donne l’argent, une bonne maison, une nourriture convenable, etc.

Cette défense de l’hédonisme psychologique est inattaquable logiquement, mais lui retire toute valeur pratique ou scientifique.


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