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Thèmes et méthode : dissertation résumé synthèse

Thème et programme 2015 des prépas scientifiques : la guerre


Le thème et les oeuvres du programme 2015 des prépas scientifiques:

    Le thème   la guerre

            Les oeuvres:       

          1. Eschyle, Les Perses 

                  2. Clausewitz, De la Guerre

                3. Henri Barbusse , Le Feu

 

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I -  DÉFINITION DU DICTIONNAIRE LE PETIT ROBERT

guerre [gɛʀ] nom féminin ; étym. fin xie ◊ du francique werra « troubles », « querelle »

 I.  Conflit armé

 A.  La guerre

 1.  Lutte armée entre groupes sociaux, et spécialt entre États, considérée comme un phénomène social. « les froids réveils sous la tente, les marches forcées, les batailles à dix contre un, la guerre quoi » (Perec). « Quelle connerie, la guerre » (Prévert). Mars, dieu de la guerre. L'art de la guerre. stratégie, tactique. Étude de la guerre. polémologie. Le nerf* de la guerre.

▫ Législation internationale sur la prévention directe ou indirecte ( désarmement) de la guerre. Droit préventif de la guerre. arbitrage, médiation, sanction. Le droit de la guerre a été codifié par les conventions de La Haye (1899; 1907).

▫ Déclarer la guerre à un pays. Attaquer sans déclaration de guerre. Déclaration de guerre conditionnelle. ultimatum. Faire la guerre.

▫ Faites l'amour, pas la guerre (slogan de 1968). Pays qui s'abstient de participer à la guerre ( neutralité). Mouvement opposé à la guerre ( antiguerre). Conventions entre pays pour faire la guerre. alliance, coalition. La guerre et la paix. Loc. prov. Si tu veux la paix, prépare la guerre, adage latin (« Si vis pacem, para bellum »).

◆ En guerre :en état de guerre. Nations en guerre. Ceux contre qui on est en guerre. ennemi. Entrer en guerre.

◆ De guerre. État de guerre. belligérance. L'armistice ne fait pas cesser l'état de guerre. Faits de guerre; opérations de guerre. bataille, campagne, combat, expédition; assaut, attaque, bombardement, débarquement, défensive, engagement, offensive, 1. retraite, siège. Crime*, criminel de guerre. Ruse de guerre. embuscade, piège. Fig. artifice. Cri de guerre. Noms de guerre, que prenaient les soldats en s'enrôlant; fig. ➙ pseudonyme, surnom.

 2.  (1680) Les questions militaires; l'organisation des armées (en temps de paix comme en temps de guerre). Conseil* de guerre. Anciennt Ministère de la Guerre. 1. défense.

 3.  Action de se battre dans un conflit armé; situation individuelle de celui qui se bat. ➙ bataille, boucherie, combat; fam. baroud, casse-gueule, casse-pipe. Aller à la guerre, partir pour la guerre (cf. ci-dessus Partir en guerre). Mourir à la guerre (cf. Au champ d'honneur). ➙ front. Être sur le sentier* de la guerre.

 B.  Une guerre (fin XIe) Conflit considéré comme un phénomène historique, localisé dans l'espace et dans le temps. ➙ conflagration, conflit, hostilité, lutte (armée). Menaces de guerre. Début d'une guerre. Guerre qui éclate. Issue, fin d'une guerre. Gagner, perdre une guerre. victoire; capitulation, défaite. La guerre est finie. Durant, pendant la guerre. Guerre entrecoupée de trêves. En temps de guerre. « J'objecte à être tué en temps de guerre » (J. Vaché).

◆ (Qualifié) Campagne, conflit (précisément désigné). La guerre de Cent Ans. La guerre de 70 (1870). La Grande Guerre, la guerre de 14 (1914). La drôle* de guerre. La Première, la Deuxième Guerre mondiale (1914-1918; 1939-1945). Depuis la guerre, avant la guerre : depuis, avant la dernière guerre ( aussi entre-deux-guerres).

◆ (En parlant du caractère d'un conflit) Guerre juste, injuste. Guerre propre; guerre conventionnelle. Guerre de défense; guerre de libération ( résistance). Guerre de conquête. Guerre de pacification. Guerre d'extermination. Guerre coloniale.

▫ Guerre civile, guerre intestine : lutte armée entre groupes et citoyens d'un même État. ➙ révolte, révolution. « C'est terrible, une guerre civile. Surtout quand c'est fait par des militaires » (Bedos).

 


 

II -  ÉVOLUTION DE LA CONCEPTION DE LA GUERRE

Dès l’antiquité, on assiste à une mise en évidence du fait militaire dans les récits mythologiques ou historiques. Les premiers grands textes rapportent en effet des guerres interminables et sanglantes ou des paix impossibles. HOMERE raconte la guerre de Troie, HERODOTE celle des grecs contre les Perses, THUCYDIDE la guerre du Péloponnèse. S'agit-il d'une facile réduction ou bien la guerre dont on relate les épisodes ne révèle-t-elle pas la vérité cachée de la politique ?

• Machiavel : La guerre comme nécessité

« Un prince ne doit avoir d'autre objet ni d'autre pensée, ni choisir aucun autre métier, hors la guerre ». En formulant ainsi l'impératif pratique de tout Prince, MACHIAVEL ne fait pas œuvre de belliciste. II n'appelle nullement au conflit, ne le glorifie absolument pas mais se contente de dresser un constat d'évidence : l'élément politique n'est en rien pacifique. La tâche du Prince n'est pas de le déplorer, de rêver à un ailleurs purgé de toute violence — mais de déterminer l'attitude appropriée. Si MACHIAVEL prend la peine de réaffirmer ainsi cette vérité intangible, c'est que la réalité semble a priori le démentir : il suffit de porter ses regards sur le monde pour voir l'écrasante majorité des Etats entretenir des relations pacifiques avec leurs voisins.

Même cela MACHIAVEL l'admet ; mais ce que ne savent pas les peuples, les princes et les Etats, c'est que la paix n'est pas la disparition du conflit, mais sa pacification temporaire. Elle n'est donc rien d'autre qu'une période transitoire entre deux guerres, laps de temps accordé par une Fortune particulièrement clémente, pour panser ses plaies et fourbir ses armes. Mais la paix trouble la vue et les esprits, elle les anesthésie dans un confort oisif. Le Prince, aussi virtuose qu'il ait été, prend cet apaisement ponctuel pour un état définitif. Il baisse la garde, se laisse bercer par l'illusion sécurisante de sa puissance passée sans comprendre que, pendant ce temps, la force ennemie s'accroît. MACHIAVEL n'a besoin que d'un fait — fort révélateur — pour décrire les dangers de la paix : l'art du guerrier vient céder sa place à celui du courtisan, la tactique à la poésie et la stratégie à la philosophie. Il n'y a donc nul « machiavélisme » dans une telle description : le croire serait la preuve que l'on est — plus pour très longtemps malheureusement — sous le charme des courtisans. Car un nouveau Prince conquérant tourne déjà ses regards vers cet Etat armé de candeur et de philosophie.

La guerre est donc, à tous les sens du terme, une nécessité. Et la paix, loin d'incarner la fin ultime de toute politique, n'en est qu'une forme fourbe et trompeuse.

Carl Von Clausewitz: la guerre est une continuation de la politique

Dans De la Guerre (1834), trad. Française, Éditions de Minuit,  ce stratège et polémologue prussien écrit que la guerre est un « acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à se soumettre et à exécuter notre volonté ». Même lorsqu'elle est déchaînement de la violence, elle relève de la tactique (art de gagner les batailles en combinant les forces) et de la stratégie (art de gagner les guerres en multipliant les batailles victorieuses), c'est-à-dire d'une combinaison de lucidité, de calcul et de volonté. Et parce qu'elle est réfléchie et collective, elle est un phénomène politique. D'où la formule célèbre: « la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens ».

Emmanuel Kant: vers un "droit de la guerre"

Cependant cette approche réaliste est philosophiquement très critiquable, et c'est ce que montre Kant dans Pour la paix perpétuelle (1795), trad. Française, Le Livre de Poche, où le philosophe met en lumière la contradiction entre la raison qui planifie la guerre et l'idée même de la justice à partir du moment où l'on définit celle-ci comme un accord entre les hommes basé sur le respect des biens et des personnes. Planifier la stratégie, calculer les destructions et les sacrifices matériels et humains détourne la raison de sa destination : elle sert les intérêts et les passions de quelques-uns uns contre l'intérêt de l'humain en général. S'il est en revanche nécessaire d'impliquer la philosophie dans la réflexion sur la guerre, c'est notamment pour penser les conditions d'un vrai « droit de la guerre ».

Michael Waltzer

Dans Guerres justes et injustes (1977, seconde édition 1992), trad. fr. Belin : ce philosophe américain considère que  la guerre est un enfer dont il faut penser les conditions, car tout n'y est pas égal. Héritière d'un enga­gement militant contre l'intervention US au Vietnam, cette réflexion va jusqu'à admettre que certaines guerres sont justes. À partir d'un examen scrupuleux de nombreux cas historiques, l'auteur en vient à dégager une notion de responsabilité adaptée au fait guerrier.

Hegel:la guerre est nécessité historique

Contemporain des guerres de conquête de Napoléon, a entrepris de penser l'histoire et la politique à partir de l'effectivité de la politique dans l'histoire, où se déchaînent les rap­ports de force ; la victoire est donnée à la nation qui « fait l'histoire ». Dans les Principes de la philosophie du Droit (1820 ; trad. fr. Garnier-Flammarion), il propose de considérer que la guerre est l'expression naturelle des rapports de puissance que les États entretiennent nécessairement entre eux (voir notam­ment les § 333-334). La dynamique de ces rapports constitue la matière même de l'histoire, qui peut être définie comme le processus par lequel se réalise ce qui doit advenir (que Hegel nomme l'Esprit du monde). La guerre est donc une nécessité historique fondamentale: l'épreuve de force entre États est le moment de vérité qui décide à quel peuple se voit confiée l'hégémonie politi­que, économique, artistique et même spirituelle. Lorsqu'un peuple est vaincu dans le test guerrier, soit il est assimilé par son vainqueur, ce qui produit une synthèse originale qui enrichit l'humanité, soit il réussit à engendrer une résis­tance qui le sauve dans ses caractères essentiels, et au bout du compte les plus amères vicissitudes de la lutte vont lui permettre de se renforcer et de se libérer. Chaque nation est régulièrement amenée par la guerre à faire l'épreuve de sa résistance, ce qui lui fournit le seul moyen possible pour se régénérer. Le modèle hégélien, cependant, paraît tributaire de certaines conditions historiques, qu'il prend pour bases absolues et qui le légitiment: les guerres napoléoniennes puis les guerres entre nations européennes du XIXe siècle relèvent peut-être de ce schéma, mais la guerre en général est-elle pour autant pensée dans sa logique propre ? Par exemple, dans les nombreuses guerres de libération du XXe siècle menées par les pays d'Afrique contre leurs anciens colonisateurs, quelle influence la victoire des indépendantistes exerce-t-elle sur l'histoire du monde, compte tenu du fait que les anciennes colonies demeurent puissantes et quasiment aussi influentes qu'auparavant ?

 

TEXTE : De la guerre de C. Von Clausewitz

«La guerre est un combat singulier agrandi, et la lutte entre deux hommes est l'image qui permet le mieux à la pensée de se représenter en un acte unique le nombre indéterminé de combats dont une guerre se compose. Or, dans la lutte, chacun des adversaires cherche, au moyen de sa force physique, à terrasser l'autre et à briser sa résistance. La guerre est donc un acte de la force par lequel nous cherchons à contrecarrer l'adversaire, à le soumettre à notre volonté.

Pour combattre la force, la force utilise tout ce que les arts et les sciences mettent à sa disposition. Elle ne connaît d'autres limites à son action que quelques restrictions insignifiantes qui n'affaiblissent pas essentiellement sa puissance et qu'elle accepte sous le nom de tous ces gens. La force, c'est-à-dire la force physique — car en dehors de Vidée d'Etat et de loi il n'y a pas de force morale — la force est donc le moyen, tandis que contraindre l'adversaire à se soumettre est l'objectif Or, comme, pour arriver à ce résultat, il faut nécessairement mettre l'ennemi hors d'état de se défendre, tel devient le but logique immédiat de l’action militaire. Ce but se substitue dès lors au but immédiat ou politique et le fait momentanément disparaître comme n'appartenant pas à l'idée même de la guerre.

Si dans l'état de civilisation, les peuples ne massacrent point les prisonniers, ne dévastent plus les campagnes et ne se livrent plus au pillage des villes, c'est que l'intelligence préside à la conduite de leurs guerres, et met au service de leur force, des moyens plus efficaces que ne le seraient les manifestations brutales de l'instinct.

La découverte de la poudre et le perfectionnement incessant des armes à feu suffiraient déjà seuls à montrer que les progrès de la civilisation n'entravent et n'affaiblissent en rien la tendance à l'anéantissement de l'ennemi qui est inhérente à l'idée de la guerre.

Nous répétons donc notre proposition : la guerre est un acte violent dans lequel l'emploi de la force étant illimité, chacun des deux adversaires impose à l'autre la loi; d'où résulte une influence qui, de part et d'autre, doit conduire à l'extrême. »

De la guerre de K. von Clausewitz

 

Commentaire

CLAUSEWITZ radicalise la thèse de MACHIAVEL : les hommes en société n'échappent jamais à la guerre. S'ils se croient en paix, c'est qu'ils font de la politique...

Le conflit policé (politique) ou non semble être la vérité d'une humanité dont KANT avait raison de dire qu'elle se caractérise par une "insociable sociabilité "

  

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