La culture générale en cpge

Thèmes et méthode : dissertation résumé synthèse

La Renaissance et la Réforme

  LA RENAISSANCE ET LA REFORME

I – La Renaissance intellectuelle : l’humanisme

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On appelle « Renaissance » le vaste mouvement de « renouveau » que connaît l’Europe au 16ème siècle. Les hommes de cette époque ont l’impression de « renaître », de retrouver leurs véritables sources de vie et d’inspiration dans l’Antiquité, en se débarrassant de toutes les déformations apportées, croient-ils, par le Moyen-âge.

— La première place est donnée à l’Homme. On veut essayer de réaliser son épanouissement le plus complet. Il est capable de tout savoir, de tout dominer. On veut mieux le connaître, et une médecine déjà plus scientifique apparaît. On veut mieux le représenter et le corps de l’homme prend une place prépondérante dans la peinture et la sculpture.

— Plus individualiste, s’interrogeant avec anxiété sur son salut personnel, étant retourné aux textes anciens et à la Bible, l’homme veut retrouver dans sa religion la simplicité des origines, veut s’assurer le ciel avec certitude… Crise et réformes se succèdent dans l’Eglise chrétienne au 16ème siècle.

 

A. La renaissance intellectuelle : l’humanisme

Formé le plus souvent d’hommes d’Eglise, protégé par les princes, aidé par la naissance de l’imprimerie, un petit groupe de savants se passionne pour la littérature antique, grecque ou latine. Parti d’Italie et spécialement de Florence, le mouvement humaniste se répand à Paris, à Bâle ; Erasme, un Hollandais mais vivant à Pars, Oxford, Bâle, sera l’un de ses animateurs les plus écoutés. Voulant tout connaître, croyant en la bonté et en la liberté de l’homme, les Humanistes veulent réformer la société, la politique ; ils provoquent surtout grâce à leur vaste esprit de curiosité un renouveau des sciences, grâce à leur volonté d’être lus et connus, un essor des langues nationales.

1. Le retour à l’Antiquité

*La fréquentation des Anciens : Machiavel , écrivain et homme politique de Florence,  qui décrit dans « Le Prince » l’art de gouverner, écrit à un ami en 1517:  « Quand vient le soir, je rentre chez moi et j’entre dans mon cabinet de travail. Sur le seuil, j’échange mes vêtements de paysan, boueux et tachés contre une toge et ainsi, décemment vêtu, j’entre dans la Compagnie des Anciens, où je suis reçu avec bienveillance, je me rassasie de ce propos qui seul est mien et pour lequel je suis né. Je n’ai pas honte de parler avec eux et de leur demander la raison de leurs actions. Ils me répondent avec humanité et pendant quatre heures de temps, je n’éprouve pas le moindre ennui, j’oublie tout souci, je ne crains plus la pauvreté, et la mort elle-même ne m’effraie pas, tant je m’identifie avec elles ».

 *Auteurs latins et enseignement traditionnel : Un humaniste de Strasbourg insiste sur la nécessité de se passionner pour les auteurs latins et critique les méthodes traditionnelles d’enseignement : « Quelle honte, ô jeunes gens, d’étudier des livres barbares, maintenant que vous trouvez sans peine des ouvrages écrits dans un latin plus pur ! Déjà la muse du grand Virgile se vend pour un denier, et la toge de Cicéron pour le prix d’un hareng ; et cependant la jeunesse ignorante, dirigée par des ignorants, continue de parler un langage grossier. Que sert-il d’avoir parcouru tant de fois les grammairiens, si l’on ne sait joindre ensemble dix mots ? L’usage est plus utile pour former la langue que les règles ; vous voulez des expressions latines, lisez donc les auteurs latins. Les ouvrages des Romains forment le style, pourvu que la loi divine dirige la vie ; la sagesse, qui commence par la crainte de Dieu, ne sera jamais le partage de celui qui reste dans les chaînes du péché ».

2) La promotion de l’Homme

 *La place privilégiée de l’Homme : Voici comment s’exprime à ce propos  l’humaniste italien Pic de Mirandole dans son ouvrage  De la dignité de l’Homme : « Lorsque son oeuvre fut achevée, l’Artisan (Dieu) voulut une créature capable de concevoir le plan d’une si grande création, d’aimer sa beauté et d’admirer sa grandeur... Il se mit à envisager la création de l’homme... Il décide que l’homme, auquel il ne pouvait rien donner qui n’appartint qu’à lui, partagerait toutes les qualités qui étaient particulières à chacune des autres créatures. Le plaçant au milieu de l’univers, il lui dit : « Je ne t’ai donné, ô Adam, aucune place ni aucune forme n’appartenant qu’à toi seul ni aucune fonction particulière et pour cette raison, afin que tu puisses avoir et posséder, selon ton désir et ton jugement, la place, la forme et les fonctions que tu désireras..., je t’ai placé au centre du monde de sorte que là tu puisses plus aisément observer ce qui est dans le monde. Tu ne participes ni des cieux ni de la terre, tu n’es ni mortel ni immortel afin que te façonnant toi-même plus librement, tu puisses prendre la forme que tu préféreras. « O très haute et très merveilleuse félicité de l’homme ! A lui seul est accordé le pouvoir de posséder ce qui lui plaît, d’être ce qui lui semble bon ».

 *Le portrait idéal de l’homme de la Renaissance : Le parfait cavalier courtisan imaginé par un auteur italien, Castiglione, en 1528.  « Je veux que notre homme de cour soit instruit dans les lettres, au moins dans celles qu’on appelle belles lettres ; et qu’il sache non seulement la langue latine, mais encore la grecque, qu’il connaisse les poètes, et pareillement les orateurs et historiens, et, de plus , qu’il soit exercé à écrire en vers et en prose, principalement dans notre langue vulgaire car, outre le contentement,qu’il y trouvera lui-même, il ne manquera jamais de propos agréables avec les dames, lesquelles, ordinairement, aiment ces sortes de choses ».

 3) Le goût pour la connaissance, l’esprit critique et le développement scientifique

 *L’éducation de Pantagruel apprendre les langues et observer la nature :   Rabelais, humaniste et médecin, veut que le professeur forme avant tout l’intelligence des élèves et les rende curieux de toutes choses. Voici les conseils donnés par Gargantua à son fils Pantagruel partant étudier à Paris. « J’entends et veux que tu apprennes les langues parfaitement. Premièrement la grecque, secondairement la latine et puis l’hébraïque pour les saintes lettres, et la chaldaïque et arabique pareillement ; et que tu te formes ton style pareillement, quant à la grecque, à l’imitation de Platon, quant à la latine, de Cicéron.

 Des arts libéraux, géométrie, arithmétique et musque, je t’en donnai quelque goût quand tu étais encore petit, en l’âge de cinq à six ans ; poursuis le reste, et de l’astronomie saches- en toutes les règles... 

Et quant à la connaissance des faits de nature, je veux que tu t’y donnes curieusement qu’il n’y ait mer, rivière, ni fontaine, dont tu ne connaisses les poissons, tous les oiseaux de l’air, tous les arbres, tous les arbustes et buissons des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au ventre des abîmes, les pierreries de tout orient et midi, rien ne te soit inconnu.
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Par fréquentes anatomies, acquiers-toi parfaite connaissance de l’autre monde, qui est l’homme.

 Mais parce que..., science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te convient de servir, aimer et craindre Dieu et de mettre en lui toutes tes pensées et tout ton espoir ».

*La méthode de l’Histoire : « Ce que l’on a coutume de faire au sujet de la méthode des sciences qu’on veut exposer, je crois qu’il est bon de le faire aussi pour l’Histoire. Si l’on veut rendre féconde et facile la science de l’Histoire, que l’on recoure donc à cette maîtresse incomparable dans l’exposition scientifique qui s’appelle l’analyse. C’est elle qui nous apprendra comment diviser le tout en parties et les parties elles-mêmes en éléments plus petits, en dégageant avec une admirable naissance la cohérence quasi concertée du tout et de ses parties ».  — Jean Bodin « La méthode de l’histoire » 1566.

*Les débuts de l’astronomie : Copernic, astronome polonais (1473-1543) démontre les mouvements de la terre. « Après de longues recherches je me suis enfin convaincu que le soleil est une étoile fixe, entourée de planètes qui tournent autour d’elle et dont elle est le centre et le flambeau. Que la terre est une planète principale assujettie à un triple mouvement.

Que tous les phénomènes des mouvements diurne et annuel, le retour périodique des saisons, toutes les vicissitudes de la lumière et de la température de l’atmosphère qui les accompagnent, sont les résultats de la rotation de la Terre autour de son axe et de son mouvement périodique autour du soleil.

Que le cours apparent des étoiles n’est qu’une illusion d’optique produite par le mouvement réel de la Terre et par les oscillations de son axe »

*L’Humaniste et la Foi religieuse : « Si j’ai consacré ma jeunesse à une étude passionnée des lettres anciennes et, à force de veilles, acquis une connaissance passable des deux langues latine et grecque, ce ne fut pas pour la recherche d’une vaine gloire ou la joie futile de mon intelligence, mais pour embellir le temps du Seigneur, que déshonorent l’ignorance et la barbarie, et convier les esprits généreux à l’amour des Saintes Ecritures ».   Erasme.

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